PER : les nouveautés de la loi de finances 2026 expliquées aux épargnants

La loi de finances pour 2026 a apporté plusieurs évolutions importantes au Plan d'épargne retraite (PER). Si des mesures réduisent les avantages fiscaux pour certains épargnants, d'autres offrent davantage de souplesse pour optimiser ses versements. Fin de la déductibilité après 70 ans, extension du report des plafonds de déduction de trois à cinq ans, hausse de prélèvements sociaux… Ce qu'il faut retenir pour adapter sa stratégie d'épargne retraite.

Pourquoi le PER a évolué en 2026

Depuis sa création par la loi Pacte de 2019, le Plan d'épargne retraite (PER) a progressivement remplacé les anciens produits d'épargne retraite, comme le PERP, le contrat Madelin ou les dispositifs « article 83 ». Son objectif principal : proposer un cadre plus lisible et plus homogène, avec davantage de liberté pour choisir entre une sortie en capital et une sortie en rente au moment de la retraite.

Après plusieurs années de montée en puissance, la Loi de finances pour 2026 a ajusté plusieurs règles fiscales applicables aux versements volontaires. L'objectif est notamment de concentrer l'avantage fiscal sur la phase de constitution de l'épargne et d'inciter les épargnants à anticiper davantage la préparation de leur retraite.

Chiffre clé : Au 30 juin 2026, le PER comptait 8,5 millions de titulaires pour un encours de 124,8 milliards d'euros, selon France Assureurs.

Fin de la déduction fiscale après 70 ans

C'est l'une des principales nouveautés de 2026. Depuis le 1er janvier 2026, les versements volontaires effectués sur un PER par un titulaire âgé de 70 ans ou plus ne sont plus déductibles du revenu imposable. Jusqu'à fin 2025, un épargnant pouvait continuer à effectuer des versements volontaires déductibles, sous réserve du respect de son plafond, quel que soit son âge. Désormais, le franchissement du 70ème anniversaire met fin à cette possibilité. Le PER ne disparaît donc pas après 70 ans, mais il perd une grande partie de son intérêt fiscal pour les nouveaux versements.

Exemple

Un épargnant de 69 ans disposant d'un plafond de déduction de 10 000 euros peut encore effectuer un versement déductible dans cette limite. S'il attend ses 70 ans pour verser la même somme, le versement reste possible, mais il ne pourra plus être déduit de son revenu imposable.

À savoir : Cette mesure ne remet pas en cause les droits acquis sur les versements réalisés avant 70 ans.

Le report de plafond passe de 3 à 5 ans

La réforme apporte aussi davantage de souplesse aux épargnants qui n'utilisent pas intégralement leur capacité de déduction. Chaque contribuable dispose d'un plafond annuel de déduction calculé notamment en fonction de ses revenus professionnels. Ce plafond détermine le montant de versements sur un PER pouvant être déduit du revenu imposable. Jusqu'à présent, la fraction de plafond non utilisée pouvait être reportée sur les trois années suivantes. Depuis 2026, le délai est porté à cinq ans.

Exemple

Un épargnant dispose d'un plafond de 8000 euros en 2026, mais ne verse que 2000 euros sur son PER. Les 6000 euros de plafond non utilisés pourront être mobilisés au cours des cinq années suivantes, dans le respect des règles d'imputation.

Cette extension peut être particulièrement intéressante pour les contribuables dont les revenus sont irréguliers : un indépendant, un dirigeant ou un salarié percevant ponctuellement une prime importante par exemple.

À noter : La réforme ne modifie pas le principe de calcul du plafond annuel. Pour 2026, le plafond de la Sécurité sociale (PASS) est fixé à 48 060 euros.

La hausse des prélèvements sociaux sur les gains du PER

Autre évolution à prendre en compte : le taux des prélèvements sociaux sur les revenus du capital est passé de 17,2% à 18,6% depuis le 1er janvier 2026. Ces prélèvements sociaux concernent uniquement les produits et gains engrangés lors de la sortie.

Pour un PER individuel, en cas de sortie en capital, ces produits et gains sont soumis au prélèvement forfaitaire unique (PFU) : le taux global passe ainsi de 30% à 31,4%, dont 12,8% d'impôt sur le revenu et désormais 18,6% de prélèvements sociaux.

En cas de sortie en rente, les prélèvements sociaux de 18,6 % s'appliquent sur la fraction de rente soumise aux prélèvements sociaux. Cette fraction dépend de l'âge du titulaire au moment du premier versement de la rente : 70 % avant 50 ans, 50 % entre 50 et 59 ans, 40 % entre 60 et 69 ans et 30 % à partir de 70 ans.

À savoir : La hausse de 17,2% à 18,6% ne remet pas en cause l'intérêt fiscal du PER. Elle réduit toutefois légèrement le montant net récupéré à la sortie sur les gains et les fractions de rente concernées.

Comprendre la fiscalité du PER

Les anciens contrats restent soumis à leurs anciennes règles

La réforme de 2026 ne transforme pas automatiquement tous les anciens produits d'épargne retraite. Les PERP, contrats Madelin et contrats « article 83 » qui n'ont pas été transférés vers un PER conservent leur régime fiscal propre. En revanche, lorsqu'un épargnant transfère les droits issus d'un ancien contrat vers un PER, les règles applicables dépendent notamment de l'origine des sommes et de leur compartiment d'accueil.

Cette distinction est importante : transférer un ancien contrat vers un PER peut apporter davantage de souplesse, mais le transfert n'est pas nécessairement neutre sur le plan fiscal ou patrimonial. Avant de transférer un ancien contrat, il faut donc comparer les frais, les supports d'investissement disponibles, les conditions de sortie, les garanties éventuelles et surtout le traitement fiscal des sommes transférées.

Utiliser le plafond de son conjoint : un optimisation souvent méconnue

Les couples mariés ou liés par un Pacs et soumis à une imposition commune peuvent demander la mutualisation de leurs plafonds de déduction. Le principe est simple : au lieu de conserver deux plafonds distincts, le couple peut les additionner pour déterminer une enveloppe globale de déduction. Un conjoint peut ainsi profiter de la partie du plafond de l'autre qui n'aurait pas été utilisée.

Exemple

Monsieur dispose d'un plafond de 12 000 euros et Madame d'un plafond de 6000 euros. Si le couple opte pour la mutualisation, le plafond global atteint 18 000 euros. Si Madame ne verse rien sur son PER, Monsieur peut donc utiliser cette capacité supplémentaire, sous réserve des règles applicables.

Ce mécanisme peut être particulièrement intéressant lorsque les revenus sont très déséquilibrés au sein du couple.

À savoir : Le plafond disponible figure sur l'avis d'impôt, dans la rubrique « Plafond épargne retraite ».

Conclusion

Le PER conserve ses principaux atouts en 2026, mais son utilisation doit désormais être davantage anticipée. La fin de la déductibilité des versements après 70 ans réduit l'intérêt fiscal des cotisations tardives, tandis que le report des plafonds sur cinq ans offre au contraire davantage de possibilités d'optimisation pendant la vie active.

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